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Le guide du crowdequity : ouvrir son capital aux particuliers

Crowdequity : la démocratisation de l’investissement non coté

Historiquement, l’accès au capital des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance (startups) était un club très fermé, strictement réservé aux fonds de Venture Capital (capital-risque) ou à de riches Business Angels. Pour un particulier lambda, il était virtuellement impossible d’investir dans le prochain Facebook ou Airbnb à ses débuts. Ce paradigme a été radicalement bouleversé par l’émergence du crowdequity, également appelé financement participatif en actions. Contrairement au crowdfunding classique (comme Kickstarter) où l’on donne de l’argent en échange d’une contrepartie en nature (un produit), le crowdequity permet à n’importe quel citoyen d’acquérir de véritables parts sociales (actions) d’une entreprise non cotée en bourse, souvent à partir de quelques centaines d’euros seulement.

Pour la PME ou la startup qui lève des fonds, ouvrir son capital aux particuliers représente une alternative ou un complément puissant aux levées de fonds traditionnelles. Au-delà de l’injection d’argent frais, c’est une formidable opération marketing. En intégrant 500 ou 1000 particuliers à son capital, l’entreprise se crée instantanément une armée d’ambassadeurs ultra-engagés, prêts à tester ses produits, à la défendre sur les réseaux sociaux et à recruter de nouveaux clients. Ce levier d’engagement massif rappelle la puissance communautaire qu’il est possible de générer via des stratégies d’authenticité, comme le démontre parfaitement l’étude de cas sur la stratégie de contenu de La Fourche.

Comment bien choisir sa plateforme de crowdequity ?

En France, le marché du financement participatif est strictement réglementé par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Les plateformes doivent obligatoirement détenir le statut de Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP). Si un entrepreneur se demande quelle plateforme de crowdequity choisir, il doit analyser plusieurs critères déterminants. Les leaders historiques comme WiSEED, Sowefund ou Tudigo se partagent le marché, mais se différencient par leur positionnement sectoriel. Certaines sont généralistes, d’autres sont hyperspécialisées dans la transition écologique, la MedTech ou l’immobilier.

Le choix de la plateforme dépend également du taux de sélection (qui reflète l’exigence de la plateforme quant à la qualité des dossiers) et des frais prélevés (commission au succès success fee pour l’entreprise, et frais d’entrée pour les investisseurs). Il est crucial de s’assurer que la plateforme prend en charge la gestion juridique post-levée. En effet, gérer une table de capitalisation (cap table) avec 600 petits actionnaires peut virer au cauchemar administratif. Les meilleures plateformes regroupent les particuliers au sein d’une structure ad hoc (une holding intermédiaire ou une société en participation) afin que le dirigeant n’ait qu’un seul interlocuteur légal. Cette structuration est aussi indispensable pour protéger l’entreprise que peut l’être une bonne assurance homme-clé en cas de défaillance du fondateur.

Les avantages, les risques et la fiscalité de l’investissement participatif

Pour l’investisseur particulier, les avantages et risques de l’investissement participatif en actions sont multiples. L’attrait principal est évidemment l’espoir d’une plus-value exceptionnelle (multiple de x5, x10 voire x50) en cas de succès fulgurant de la startup, combiné à un avantage fiscal immédiat (réduction d’impôt sur le revenu dispositif IR-PME). C’est également l’opportunité de donner du sens à son épargne en finançant l’économie réelle, la création d’emplois locaux et l’innovation technologique de rupture.

Cependant, le législateur et les plateformes insistent lourdement sur la nécessité de lire les avertissements légaux : l’investissement dans le non-coté présente un risque de perte totale du capital en cas de faillite de l’entreprise. De plus, il s’agit d’un placement hautement illiquide. Contrairement à une action cotée en bourse que l’on peut revendre en un clic, un investisseur en crowdequity doit conserver ses parts (lock-up) généralement entre 5 et 8 ans, dans l’attente d’un événement de liquidité (rachat de la startup par un grand groupe ou introduction en bourse). La règle d’or absolue pour le particulier est donc la diversification : ne jamais investir l’intégralité de son épargne sur un seul projet, et n’engager que des sommes dont il n’aura pas besoin à court ou moyen terme.

Attention cependant, faire entrer des dizaines d’actionnaires accroît l’exposition juridique des mandataires sociaux, rendant la souscription d’une assurance D&O (responsabilité des dirigeants) absolument prioritaire.

Emmeline Madier
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