La réduction générale des cotisations patronales, communément appelée « zéro cotisation Urssaf » ou anciennement « réduction Fillon« , constitue un mécanisme d’allègement des charges sociales destiné à soutenir l’emploi et réduire le coût du travail pour les employeurs. Ce dispositif permet aux entreprises de bénéficier d’une diminution significative de leurs cotisations patronales pour les salariés percevant une rémunération modeste.
Principe et objectifs du dispositif
L’ancienne loi Fillon vise à alléger le coût du travail pour les employeurs en réduisant leurs cotisations patronales sur les rémunérations les plus faibles. Cette mesure s’inscrit dans une politique de soutien à l’emploi, particulièrement pour les postes peu qualifiés, en rendant leur coût plus attractif pour les entreprises.
Le dispositif fonctionne selon un principe dégressif : la réduction est maximale au niveau du SMIC et diminue progressivement jusqu’à s’annuler à 1,6 fois le SMIC. Cette approche permet de cibler l’aide sur les salaires les plus bas tout en évitant un effet de seuil brutal.
Conditions d’éligibilité
Employeurs concernés
Peuvent bénéficier de cette réduction les employeurs suivants :
- Les entreprises soumises à l’obligation d’assurance chômage
- Les établissements publics à caractère industriel et commercial des collectivités territoriales (Epic)
- Les sociétés d’économie mixte à participation majoritaire de ces collectivités (SEM)
- Les entreprises nationales inscrites au répertoire national des entreprises contrôlées majoritairement par l’État (RECME)
Salariés éligibles
La réduction s’applique aux salariés remplissant les conditions suivantes :
- Avoir conclu un contrat de travail, quel que soit son type (CDI, CDD, temps partiel, alternance)
- Percevoir une rémunération inférieure à 1,6 fois le SMIC
- Relever à titre obligatoire du régime d’assurance chômage
Pour l’année 2025, c’est la valeur du SMIC applicable au 1er janvier 2025 qui sert de référence pour vérifier l’éligibilité.
Cotisations concernées par la réduction

La réduction générale s’applique sur un large éventail de cotisations et contributions patronales :
- Assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse)
- Allocations familiales
- Accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP)
- Retraite complémentaire obligatoire (Agirc-Arrco)
- Fonds national d’aide au logement (Fnal)
- Contribution solidarité autonomie (CSA)
- Assurance chômage
Modalités de calcul pour 2025
Évolutions des taux en cours d’année
L’année 2025 présente la particularité d’avoir des taux de cotisations qui évoluent en cours d’année :
- Cotisation AT/MP : limitée à 0,46 % de janvier à avril, puis 0,50 % de mai à décembre
- Contribution patronale à l’assurance chômage : 4,05 % de janvier à avril, puis 4,00 % de mai à décembre
Coefficient de réduction
Le coefficient maximum de la réduction varie selon la période1 :
- 0,3194 de janvier à avril 2025
- 0,3193 de mai à décembre 2025
Prise en compte de la prime de partage de la valeur
Nouveauté 2025 : la prime de partage de la valeur (PPV) est désormais intégrée dans le calcul de la réduction générale1. Cette prise en compte s’effectue pour :
- Vérifier que la rémunération annuelle reste inférieure à 1,6 SMIC
- Déterminer le coefficient de réduction
- Calculer le montant final de la réduction
Règles de cumul et d’exclusion
Cumuls autorisés
La réduction générale peut être cumulée avec certains dispositifs :
- La déduction patronale forfaitaire sur les heures supplémentaires
- Le taux réduit de cotisations d’allocations familiales
- Le taux réduit de cotisation maladie
- L’exonération « aide à domicile » sous certaines conditions
- La déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels
Cumuls interdits
En revanche, elle ne peut pas être cumulée avec :
- D’autres exonérations totales ou partielles de cotisations patronales pour un même salarié
- L’application de taux spécifiques, d’assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations
Procédure de déclaration
Pour bénéficier de la réduction générale, les employeurs doivent effectuer leur déclaration via la déclaration sociale nominative (DSN). Cette déclaration doit mentionner :
- Les salariés concernés
- Leur rémunération
- La réduction de cotisations correspondante
L’organisme de recouvrement contrôle automatiquement le calcul lors de la réception de la déclaration.
Impact et perspectives
Ce dispositif représente un outil majeur de la politique de l’emploi française, permettant aux entreprises de réduire significativement le coût du travail pour les emplois les moins qualifiés. Les évolutions récentes, notamment l’intégration de la PPV dans le calcul, témoignent de l’adaptation continue du dispositif aux réalités économiques et sociales.
La réduction générale des cotisations patronales constitue ainsi un levier essentiel pour favoriser l’emploi des personnes les moins qualifiées tout en soutenant la compétitivité des entreprises françaises.
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