Pourquoi avez-vous reçu un courrier de recouvrement d’Intrum ?
La réception d’une lettre, d’un e-mail ou d’un SMS de la société Intrum (anciennement Intrum Justitia) provoque souvent un sentiment de panique. Leader européen du recouvrement de créances, Intrum est mandaté par des banques, des opérateurs téléphoniques ou des entreprises d’énergie pour récupérer des factures impayées. Dans certains cas, la société rachète même des portefeuilles entiers de dettes pour les recouvrer pour son propre compte. Le vocabulaire utilisé dans leurs courriers est volontairement anxiogène : « mise en demeure », « dernier avis avant action judiciaire », « intervention d’un huissier ».
Cependant, il est essentiel de comprendre que la phase de recouvrement amiable ne donne aucun pouvoir de contrainte à Intrum. Tant qu’un juge n’a pas rendu une décision de justice officielle (comme une ordonnance d’injonction de payer), la société de recouvrement ne peut procéder à aucune saisie sur vos comptes bancaires, sur votre salaire ou sur vos biens. Le recouvrement amiable relève davantage de l’intimidation et de la négociation commerciale que de la véritable coercition juridique. C’est pourquoi la première règle d’or est de garder son sang-froid et de ne rien payer précipitamment avant d’avoir vérifié la légitimité de la demande, un peu comme lorsqu’il s’agit de vérifier ses droits lors d’une procédure de licenciement.
Les réflexes à adopter face à une lettre d’Intrum
Si vous recevez une relance, la première étape est de vérifier si la dette existe réellement et si le montant réclamé est exact. Les erreurs administratives ou les usurpations d’identité sont fréquentes. Demandez systématiquement à Intrum de vous fournir les justificatifs légaux : une copie du contrat initial signé, les factures détaillées, et surtout, si Intrum prétend avoir racheté la dette, la preuve juridique de cette cession de créance. Sans ces documents probants, vous n’êtes pas tenu de donner suite à leurs injonctions.
Le deuxième réflexe indispensable concerne la vérification du délai de prescription. En France, pour les crédits à la consommation et les factures liées à la vie quotidienne (téléphonie, électricité, internet), le délai de prescription n’est que de deux ans. Si la société (le créancier initial ou Intrum) a laissé passer plus de deux ans sans intenter une véritable action en justice (le simple courrier de relance ne suspend pas ce délai), la dette est prescrite. Cela signifie que vous ne pouvez plus être forcé légalement à la rembourser. Attention : effectuer un paiement, même minime, ou signer une reconnaissance de dette relance le délai à zéro. Soyez donc extrêmement prudent.
Frais de recouvrement et négociation : ce qu’il faut savoir
Un autre point de tension fréquent concerne les frais annexes ajoutés à la dette principale. Il n’est pas rare de voir la facture initiale gonflée par des « frais de dossier » ou des « frais de gestion ». La loi française est pourtant très claire sur ce point (article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution) : dans le cadre d’un recouvrement amiable, les frais engagés par la société de recouvrement sont exclusivement à la charge du créancier, et non du débiteur. Vous pouvez donc légitimement refuser de payer ces frais additionnels et exiger de ne régler que le principal de la facture (ainsi que les éventuelles pénalités de retard expressément prévues dans votre contrat initial).
Enfin, si la dette est avérée et non prescrite, il est souvent préférable de jouer la carte du dialogue. Intrum dispose d’un espace en ligne sécurisé permettant de gérer son dossier. Si vous traversez des difficultés financières, vous pouvez formuler une proposition d’échéancier de paiement (par exemple, un règlement échelonné sur six mois). Les sociétés de recouvrement préfèrent généralement obtenir un accord amiable plutôt que de s’engager dans de longues et coûteuses procédures judiciaires. En cas de harcèlement téléphonique persistant ou de pressions abusives, n’hésitez pas à le signaler par courrier recommandé avec accusé de réception ou à vous rapprocher d’une association de défense des consommateurs pour être accompagné dans vos démarches.
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