Un CEO se tient dans un tribunal américain, souriant et visiblement satisfait en écoutant le verdict du juge. La salle d'audience est baignée d'une lumière vive et positive, mettant en avant l'expression de soulagement et de joie du dirigeant.

Verdict du procès Google : le démantèlement est évité et l’énorme contrat secret avec Apple révélé

Début septembre 2025, le couperet est tombé dans le procès antitrust le plus scruté de la décennie. Le juge fédéral Amit Mehta a rendu son verdict : Google n’est pas contraint au démantèlement. Cette décision, bien que comportant des sanctions significatives, est perçue comme une victoire pour le géant de la technologie qui craignait une restructuration forcée de ses activités.

Pendant des mois, l’avenir de Google était suspendu à cette décision. Le ministère américain de la Justice (DOJ) avait requis des mesures extrêmes, arguant que seule une scission de l’entreprise pouvait mettre fin à son monopole illégal sur le marché de la recherche en ligne. Le suspense a pris fin le 2 septembre 2025 avec un jugement qui redéfinit les règles sans pour autant briser l’empire.

Le verdict du juge Mehta : un soulagement pour Google

Le point central de la décision est le rejet de la demande de démantèlement. Le juge Mehta a statué que forcer Google à vendre son navigateur Chrome ou son système d’exploitation Android serait une mesure disproportionnée et potentiellement néfaste pour l’écosystème technologique. L’entreprise conserve donc sa structure intégrée, un soulagement immense pour sa direction et ses actionnaires.

Cependant, le juge a confirmé les conclusions d’un précédent jugement de 2024 : Google a bien abusé de sa position dominante. Le verdict se concentre donc sur des mesures correctives visant à ouvrir le marché à la concurrence plutôt que sur une punition structurelle.

Le contrat à 20 milliards avec Apple : sauvé mais transformé

L’accord financier secret de 20 milliards de dollars par an, versés à Apple pour être le moteur de recherche par défaut sur Safari, a survécu, mais sous une forme nouvelle. Le juge a interdit les clauses d’exclusivité. Concrètement, Google peut toujours payer pour être présent, mais Apple et d’autres fabricants devront désormais proposer un choix de plusieurs moteurs de recherche à leurs utilisateurs lors de la configuration de leurs appareils.

Ce montant colossal de 20 milliards de dollars illustre l’échelle des transactions financières dans le secteur technologique. Opérant dans le monde entier, ces entreprises gèrent en permanence des flux monétaires internationaux. Les contrats entre géants de la tech impliquent des transactions multi-devises complexes, bien au-delà d’une simple conversion de wons en euros. Ces accords nécessitent une ingénierie financière sophistiquée pour gérer les risques de change et l’optimisation fiscale à l’échelle planétaire.

Cette mesure met fin à la position de « défaut par la force » qui, selon l’accusation, étouffait toute alternative. Pour les concurrents de Google, c’est une porte qui s’entrouvre, leur offrant une visibilité directe auprès de millions d’utilisateurs qui n’auraient jamais pensé à changer de moteur de recherche.

Les nouvelles règles du jeu : concurrence assistée et IA

Pour rééquilibrer le marché, le juge Mehta a imposé une sanction inédite : Google sera obligé de partager certaines données de recherche (anonymisées) avec ses concurrents pour une durée de six ans. L’objectif est de leur permettre d’améliorer la pertinence de leurs propres algorithmes et de réduire l’avantage concurrentiel écrasant de Google.

Dans son jugement, le juge a également reconnu une réalité émergente : l’IA générative. Il a estimé que des outils comme ChatGPT ou Perplexity représentent une nouvelle forme de concurrence qui change déjà la manière dont les utilisateurs accèdent à l’information. Cette prise en compte a probablement pesé dans sa décision d’écarter le démantèlement, considérant que le marché n’est plus aussi figé qu’auparavant. Bien que le DOJ puisse faire appel, ce verdict du 2 septembre 2025 marque un tournant majeur, imposant de nouvelles contraintes à Google sans le démanteler.

Emmeline Madier
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