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CARSAF : La retraite complémentaire des sages-femmes

La CARSAF, ou Caisse Autonome de Retraite des Sages-Femmes, est l’organisme en charge de la gestion de la retraite complémentaire pour les sages-femmes exerçant en libéral. Elle constitue, aux côtés de la CNAVPL et de la Carpimko, un pilier du système de retraite spécifique à cette profession. Elle joue un rôle central dans le financement et la distribution des pensions aux professionnels qui ont cotisé tout au long de leur carrière.

Fonctionnement de la retraite complémentaire CARSAF

Le régime complémentaire géré par la CARSAF repose sur un système de points. Chaque année, le montant des cotisations payées par la sage-femme libérale détermine le nombre de points acquis. Ces points sont ensuite utilisés pour le calcul de la pension de retraite complémentaire lors du départ en retraite.

En tant que sage-femme exerçant en libéral, il faut bien comprendre ce système afin d’anticiper son niveau de revenus une fois l’activité arrêtée. Contrairement au régime de base, le montant de la pension complémentaire dépend directement du total des points accumulés sur toute la carrière professionnelle.

Les cotisations au régime CARSAF

Les cotisations CARSAF libérale sont obligatoires dès lors que la sage-femme est inscrite à l’URSSAF en tant que professionnelle libérale. Chaque année, la cotisation est composée d’une part forfaitaire minimale et d’une part proportionnelle au revenu déclaré. Le plafond de revenu et les taux applicables sont ajustés régulièrement en fonction des réformes du système de retraite et des recommandations des autorités de tutelle.

Ces cotisations permettent non seulement de financer les pensions actuelles, mais aussi d’acquérir des droits pour la retraite future. Le décalage entre les revenus d’activité et la pension payée met en lumière l’importance de suivre de près ses relevés de points et d’envisager une retraite progressive ou avec des compléments individuels en cas de faible niveau de cotisations.

Calcul et versement de la pension CARSAF

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La pension CARSAF est calculée selon une formule simple : nombre total de points cumulés multiplié par la valeur du point au moment du départ en retraite. Cette valeur est révisée chaque année en fonction de l’équilibre financier du régime. Le calcul des points peut être impacté par des périodes de cessation d’activité, des revenus faibles ou des exonérations partielles accordées sous certaines conditions.

Pour bénéficier de sa pension, la sage-femme doit faire une demande de retraite auprès des différentes caisses liées à son activité, y compris la CARSAF. Cette demande peut être effectuée en ligne et nécessite la fourniture de plusieurs documents justifiant la carrière, les revenus et la cessation d’activité.

Conditions de départ à la retraite

Le régime CARSAF impose une condition d’âge pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Cet âge varie selon la date de naissance de la professionnelle, mais se situe généralement entre 62 et 67 ans. Il est cependant possible de partir plus tôt, avec une décote si le nombre de trimestres requis n’est pas atteint.

Un départ anticipé peut être envisagé dans certaines situations spécifiques comme l’invalidité, la carrière longue ou les congés maternités intégrés. Il convient toutefois de se rapprocher de la CARSAF pour vérifier les modalités d’éligibilité à ces dispositifs.

Revalorisation des pensions CARSAF

Chaque année, les pensions versées par la CARSAF peuvent faire l’objet d’une revalorisation afin de compenser partiellement les effets de l’inflation. La dernière revalorisation des retraites prévue pour 2025 doit être surveillée de près, car elle impacte directement le niveau de revenu post-activité pour les sages-femmes retraitées.

La revalorisation reste soumise aux arbitrages politiques et économiques, ainsi qu’à la capacité financière du régime. Elle sert aussi d’indicateur de santé à long terme du système de retraite des professions libérales.

Spécificités et points de vigilance pour les sages-femmes

La pension CARSAF ne couvre pas à elle seule l’ensemble des besoins de revenus à la retraite. Une sage-femme libérale doit souvent anticiper cette réalité par la mise en place d’une stratégie de prévoyance, d’épargne individuelle ou de contrats Madelin. L’irrégularité des revenus, les congés maternité non entièrement cotisés ou les périodes d’installation peuvent influer négativement sur le montant final de la pension.

Contrôler régulièrement son relevé de carrière, valoriser ses aléas de parcours et ne pas négliger les phases transitoires est donc essentiel pour une meilleure projection financière au moment de la cessation d’activité.

Emmeline Madier
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