Pharmacien discutant avec cliente à la pharmacie.

CAVP : La retraite complémentaire des pharmaciens

La CAVP, ou Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens, est l’organisme de retraite professionnelle chargé de la couverture complémentaire des pharmaciens libéraux. Elle s’adresse à l’ensemble des professionnels titulaires du diplôme français de pharmacien, qu’ils exercent en officine, en établissement de santé ou dans un cadre indépendant.

Toute affiliation à l’Ordre national des pharmaciens impose l’inscription à la CAVP. En d’autres termes, dès qu’un pharmacien s’installe en libéral, il est tenu de cotiser à cette caisse, en parallèle du régime de base des professions libérales, géré quant à lui par la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales).

Fonctionnement de la retraite complémentaire des pharmaciens

Le régime de la CAVP repose sur deux systèmes distincts : un régime complémentaire obligatoire par points et un régime supplémentaire facultatif, appelé régime ASV (Assurance Vieillesse Supplémentaire). Ce dernier est en partie financé par l’Assurance Maladie, notamment pour les pharmaciens conventionnés exerçant en officine ou en clinique.

Le régime complémentaire à points permet d’accumuler chaque année des droits en fonction du montant des cotisations versées. Ainsi, le nombre de points acquis dépend directement du revenu professionnel déclaré. À cela s’ajoute le régime de base, qui obéit à des règles différentes, mais les deux sont cumulés au moment du départ en retraite pour calculer la pension globale.

Détail des cotisations CAVP pour les pharmaciens d’officine

Les cotisations sont réparties en deux catégories : les cotisations obligatoires et les cotisations optionnelles. Sur le plan obligatoire, la CAVP établit une cotisation proportionnelle au revenu net d’activité libérale du pharmacien. Cette cotisation est divisée en plusieurs tranches, avec un plafond annuel et des seuils qui évoluent chaque année.

En 2024, le plafond de la tranche A était fixé à 41 136 € et celui de la tranche B à 205 680 €. Le taux de cotisation est différent pour chaque tranche. Pour les jeunes installés, des dispositifs d’allègement sont prévus durant les premières années.

Les pharmaciens qui le souhaitent peuvent également souscrire au régime facultatif ASV pour améliorer leur future pension, en fonction de leur capacité financière. Ce choix est particulièrement recommandé pour ceux qui n’ont pas constitué d’autres formes d’épargne retraite.

Calcul et versement de la pension CAVP

Senior pharmacist talking with a customer in a pharmacy

La pension CAVP est calculée sur la base du nombre total de points acquis par le pharmacien tout au long de sa carrière professionnelle. Le montant annuel brut de la pension dépend du coefficient de service du point, réévalué chaque année par le conseil d’administration de la caisse.

Le départ à la retraite est possible à partir de 62 ans, mais pour bénéficier d’une pension à taux plein, le pharmacien doit avoir validé un nombre de trimestres suffisant (généralement entre 166 et 172 selon l’année de naissance) ou atteindre l’âge du taux plein automatique (67 ans).

Pour faire valoir ses droits à la retraite auprès de la CAVP, une démarche administrative doit être engagée en amont. Il est conseillé de déposer une demande de retraite au moins six mois avant la date prévue de cessation d’activité. Cela permet à la caisse d’instruire le dossier et de garantir le versement sans décalage.

Réévaluation annuelle des pensions et pouvoir d’achat

Le montant des pensions servies par la CAVP est régulièrement réévalué pour tenir compte de l’inflation et garantir le maintien du pouvoir d’achat des retraités. Ces revalorisations de retraite sont décidées en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation hors tabac. Le conseil d’administration peut également décider d’augmenter de manière spécifique la valeur du point ou le coefficient de conversion lorsqu’un excédent financier le permet.

Ces ajustements influencent directement le revenu perçu par les pharmaciens retraités, en particulier ceux qui n’ont pas souscrit à d’autres dispositifs d’épargne. Le suivi régulier de ces revalorisations est donc essentiel pour assurer la cohérence entre revenus attendus et dépenses à la retraite.

Impact du statut professionnel sur la retraite CAVP

Le statut professionnel du pharmacien a une incidence directe sur les cotisations et donc sur les droits à la retraite. Un titulaire d’officine verse des cotisations plus importantes qu’un remplaçant ou un pharmacien à activité réduite, ce qui se traduit par une pension plus élevée.

Un changement de statut en cours de carrière, comme le passage d’un exercice en structure juridiques à une cessation d’activité, doit être signalé à la caisse pour ajuster correctement les cotisations et conserver la qualité de l’assurance vieillesse complémentaire.

La CAVP propose également des dispositifs pour continuer à cotiser durant les périodes de congé maternité, d’invalidité ou d’interruption longue d’activité. Ce maintien des droits permet de ne pas pénaliser la carrière retraite en cas d’événements de vie majeurs.

Emmeline Madier
Me suivre